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Il était une fois... le timbre
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Le Penny Black
Le "Penny Black" représente la Reine Victoria de profil. La crainte de la
réalisation de faux a été prise très au
sérieux :
La gravure est fine, le timbre est imprimé en taille-douce. Le choix d'un
visage humain permet de repérer plus facilement un mauvais dessin que le
choix
d'une figure géométrique ou d'un monument.
Les entrelacs ont été générés
mécaniquement, il est impossible d'obtenir un tel
tracé à la main.
Chaque timbre de la planche est identifié par deux lettres dans 2
cartouches en
bas.
Privilège du pionnier, la Grande-Bretagne est le seul pays à ne
pas inscrire
son nom sur ses timbres, remplacé par le profil de son souverain.
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Le tout premier timbre a été émis le 6 mai 1840 en
Grande-Bretagne : c'est le
"Penny Black". L'invention du timbre-poste mobile est attribuée à
Sir Rowland
Hill (il sera annobli par la Reine par la suite). En fait, l'idée du
timbre -
moyen de pré-paiement de l'envoi du courrier - était plus
ancienne : les
"Cavallini" étaient émises dès 1819 par les postes sardes,
en précurseur des
entiers postaux (que l'on connaît maintenant sous le vocable
"prêt-à-poster"),
et donc des timbres-poste !
Mais Rowland Hill est l'architecte de la révolution postale qui a
conduit à
l'émission du Penny Black.
L'usage bien ancré était que le destinataire s'acquitte du
montant du port : la
personne qui recevait le courrier montrait ainsi qu'elle accordait du prix
à
l'écrit de son correspondant. Le transport n'était aussi sans
doute pas assez
fiable à une certaine époque pour qu'on veuille payer à
l'avance pour un
service aléatoire. Le calcul du port était très
compliqué : la notion de poids
intervenait bien sûr, mais aussi la distance précise parcourue.
La petite histoire dit que Rowland Hill a été témoin de
cette scène : Une
servante reçoit une lettre de son fiancé, le facteur la lui
présente, elle
observe le document quelques instants et refuse le paiement de la taxe. Mr Hill
se propose de payer le facteur, mais celle-ci refuse.
Mr Hill obtiendra finalement une explication de la servante : son correspondant
inscrit quelques signes discrets sur la lettre, ainsi en regardant le pli de
l'extérieur, elle connaît la situation générale de
son fiancé.
Le premier timbre français
C'est le 1er janvier 1849 qu'est émis le premier timbre-poste
français
(le 20
centimes noir Cérès), conséquence de la réforme
postale adoptée sur le modèle
britannique. Le premier entier postal ne sera émis qu'en 1878.
Les timbres-poste seront boudés par le public jusqu'au 1er juillet 1854,
grâce
à l'introduction de la "prime à l'affranchissement" : le
coût d'une lettre
affranchie est de 20 centimes, contre 30 centimes si c'est le destinataire qui
paie. Dans ces conditions, l'utilisation du timbre-poste se
généralise
rapidement.
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L'idée de la réforme postale de Rowland Hill est la suivante :
Faire payer par l'expéditeur le service de transport du courrier.
Baisser le coût de la lettre pour développer son usage.
Simplifier les tarifs, un seul tarif pour les envois à
l'intérieur du pays.
La première mesure permet à l'administration des Postes de
toujours être
rémunéré pour le service qu'elle offre. La deuxième
veut aussi favoriser le
commerce. La dernière est indispensable si l'on veux que
l'expéditeur puisse
connaître facilement le montant qu'il doit payer.
Cette réforme implique l'idée de timbre-poste : moyen pratique de
pré-payer le
prix d'une lettre sans avoir besoin de se rendre au bureau
systématiquement. Ce
6 mai 1840, le public a le choix entre le timbre-poste mobile "Penny Black" et
l'enveloppe prépayée "Mulready". Le timbre-poste mobile obtient
les faveurs du
public : l'usage de l'enveloppe n'était pas encore répandue
à l'époque : la
feuille de correspondance, écrite sur un côté, était
pliée et cachetée.
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